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    International

    Le 6 septembre s'est déroulé la quatrième journée anti-guerre à Dortmund.
    Cette journée organisée par des groupes rattachés à la coordination 'Résistance Nationale' remporte un succès de plus en plus important puisque de 600 participants en 2007, elle en a rassemblé plus de 1300 cette fois-ci.
    A noter qu'une importante délégation de Jeune Nation s'était rendue sur place et a été fort bien accueillie par ses jeunes homologues allemands.
    Notons également, la présence d'un important groupe de militants français du groupe Pro Patria.

                                                                 Voir le site> http://www.antikriegstag.org/

    Arrestation de Karadzic: un pas de plus pour la Serbie vers l'Europe?
    Par Elena Gouskova, pour RIA Novosti (Agence russe d'information internationale)

    L'arrestation de Radovan Karadzic a mis en émoi l'opinion publique en Serbie et en Russie, et a réjoui dans une certaine mesure les fonctionnaires des organisations internationales. Mais elle n'a eu que très peu d'effet sur les estivants européens, qui se reposent actuellement sur les plages, et n'a suscité aucun intérêt sur d'autres continents: un nouveau criminel de guerre a été arrêté. Un nouveau terroriste, fasciste (c'est naturel, il est Serbe...) qui a massacré des milliers de civils musulmans quelque part dans un pays lointain. Les stéréotypes inculqués depuis près de deux décennies aux profanes se sont figés: le mot "Serbe" est associé à l'image d'hommes barbus armés de fusils, les noms de Karadzic et Mladic à Srebrenica, aux tortures, aux meurtres et aux exécutions.

    Personne, sauf les spécialistes, ne se souvient plus des événements des années 90, de leur origine et de leur évolution. Rappelons que Radovan Karadzic fut fondateur et leader du Parti démocratique serbe en Bosnie-Herzégovine où vivent des Serbes, des Croates et des "musulmans", c'est-à-dire des Bosniaques. A l'époque de Tito, le mot "musulman" était un adjectif de nationalité. Par exemple, on écrivait dans les documents administratifs: religion - athée, nationalité - musulman. Alors que la Yougoslavie jadis puissante commençait à se désintégrer, Karadzic fut un ardent partisan du règlement pacifique des conflits entre les peuples. Médecin de formation, poète et joueur de guzla (instrument de musique traditionnel), il invitait à engager des négociations en vue de venir à bout de la haine interethnique, appelait à faire preuve de tolérance et cherchait à arrêter la guerre civile qui commençait. Il a toujours placé la morale, la culture et les traditions au premier plan. Radovan Karadzic invitait les leaders des autres ethnies à s'unir et à engager un dialogue démocratique compte tenu des intérêts de tous les peuples de la Bosnie-Herzégovine. Il prévenait qu'une guerre pourrait éclater si les leaders bosniaques et croates prenaient la décision de retirer unilatéralement la Bosnie-Herzégovine de la Yougoslavie. Cependant, par la ruse, en l'absence des députés serbes du parlement, musulmans et Croates votèrent en faveur de ce retrait. Malgré cela, les Serbes tentèrent de faire tout leur possible en vue d'éviter des affrontements. Lorsque des barricades apparurent à Sarajevo et que les premiers coups de feu retentirent, c'est Radovan Karadzic qui appela le peuple à les démanteler et à effectuer des patrouilles communes dans les rues de la ville. Des meetings et des concerts en faveur de la paix eurent lieu à Sarajevo. Karadzic fut l'initiateur de l'adoption par l'Assemblée législative de la République serbe de Bosnie (RS, Republika Srpska), en décembre 1992, d'une Déclaration sur la fin de la guerre, proclamant: "la guerre ethnique et religieuse en ex-Bosnie-Herzégovine s'est terminée pour la Republika Srpska". Venons-en à Srebrenica. On essaie de présenter cette ville comme symbole du "fascisme serbe", mais aucune preuve n'est citée. D'ailleurs, elles n'existent pas, car le tableau des événements est altéré, le nombre de victimes est falsifié. On passe sous silence le fait que les musulmans rasèrent totalement 43 villages serbes dans les environs de Srebrenica et de Bratunac. Il est évident que Radovan Karadzic, en tant que président de la République serbe de Bosnie, n'a pas participé aux actions militaires et n'a pas donné l'ordre de tuer. Enfin, Karadzic fut parmi ceux qui se réunirent à Dayton, il participa activement aux négociations qui menèrent à la signature des accords de paix en Bosnie et à la création de la Republika Srpska, ce qui fait de lui un homme politique universellement reconnu.

    Karadzic et Mladic sont considérés par les peuples serbe et russe comme des héros qui ont défendu leur peuple et réussi à préserver un territoire où les Serbes vivaient depuis des siècles, en créant un Etat reconnu par la communauté mondiale, il est vrai, au sein de la Bosnie-Herzégovine. Voilà pourquoi les Serbes ont du mal à se résigner à la remise de Radovan Karadzic au TPIY par les autorités serbes, qui ont ainsi rempli une nouvelle exigence des organisations internationales en espérant que cela rapprocherait la Serbie des structures européennes. Dans la jeunesse serbe, beaucoup ne savent rien des événements qui ont eu lieu il y a 15 ans dans leur pays, c'est pourquoi ils sont indifférents à la remise de qui que ce soit à la justice, pourvu qu'on ouvre devant eux les frontières de l'Europe, si alléchante. Mais la plupart des Serbes sont tout de même choqués, c'est pourquoi la situation politique instable dans le pays s'aggravera encore plus. Le parlement subira une crise permanente en raison de l'impossibilité de s'entendre sur de nombreux problèmes. Le gouvernement, responsable de ce qui se produit dans le pays, perdra son prestige, déjà suffisamment mis à mal, aux yeux du peuple. Le Parti socialiste de Serbie (SPS) traversera une crise profonde, car ses dirigeants ont ouvertement trahi les intérêts de leurs militants en passant dans le camp de ceux qui menèrent leur leader Slobodan Milosevic à sa perte, ils ont oublié l'agression de l'OTAN, qui exigeait la suppression de leur parti. Tout cela augure de nouvelles élections législatives en Serbie. Mais le rapport des forces changera considérablement à la suite des récents événements. Le SPS cessera pratiquement d'exister et la majorité actuelle (le parti de Boris Tadic et ses partisans) ne pourra pas maintenir sa positions prédominante. D'ici là, l'Europe n'aura pas le temps d'admettre la Serbie dans ses rangs, c'est pourquoi les démocrates de Boris Tadic seront à court d'arguments, ils n'auront plus que l'arrestation de Radovan Karadzic, qui est d'ailleurs un mauvais point pour les élections.

    En ce qui concerne le rapprochement entre la Serbie et l'Europe, ce mythe ne pourra durer bien longtemps. Rappelons qu'au début des années 1990 l'Occident avait fait des promesses aux Serbes, tout en exigeant qu'ils fassent de nombreuses concessions. Mais les concessions de Belgrade ne furent suivies que de nouvelles exigences: il en a été ainsi avec la levée des sanctions, la perte de territoires, les concessions faites à Dayton, la remise de Slobodan Milosevic, de Vojislav Seselj et d'autres encore au Tribunal de La Haye. Cela ne les avait pas rapprochés de l'admission à l'Union européenne. De toute évidence, dans le cas de Radovan Karadzic, la Serbie ne recevra que de nouveaux préalables. D'abord, ce sera l'exigence de remettre le général Ratko Mladic au Tribunal pénal international, ensuite celle de se résigner à l'indépendance du Kosovo. Ensuite, il faudra fermer les yeux sur la suppression de la République serbe de Bosnie, céder aux exigences politiques des Albanais dans le Sud de la Serbie et à celles des Hongrois en Voïvodine (autre territoire autonome en Serbie), et enfin revoir les accords économiques avec la Russie. Chaque fois, on dira à Belgrade qu'il a fait un nouveau pas le rapprochant de l'Europe. Mais l'Europe n'a pas besoin d'une Serbie instable, imprévisible, obstinée et indocile. L'Europe a besoin de mener jusqu'au bout le processus d'accusation des Serbes pour tout ce qui s'est produit dans les Balkans, et d'empêcher ce peuple de se rapprocher de la Russie. Washington est sérieusement préoccupé par le problème de l'indépendance du Kosovo où se trouve la plus grande base militaire d'Europe, base qui n'est contrôlée par personne et qui est cachée à l'opinion européenne.

    Comme on le voit, l'arrestation de Radovan Karadzic n'apportera ni stabilité au pays, ni sérénité aux Serbes et à l'Europe, ni satisfaction au Tribunal de La Haye. On dirait que les Serbes sont littéralement incités à manifester leur caractère rétif, leur obstination et cette déraison dont ils ont souvent fait preuve dans les périodes historiques complexes.

    Elena Gouskova est directrice du Centre d'étude de la crise balkanique contemporaine à l'Institut d'études slaves de l'Académie russe des sciences.

    Les opinions exprimées dans cet article sont laissées à la stricte responsabilité de l'auteur.

     "Le jeune Wilders, né en 1963 à Venlo dans le sud-ouest des Pays-Bas, a passé, après ses études secondaires, plusieurs mois dans un moshav, un village agricole israélien. Sa proximité avec Israël «la seule démocratie au Moyen-Orient», répète-t-il est un fort antidote qui le prémunit de l'extrême droite européenne."

    Le Figaro, 28 mars 2008

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