Celui qui ne milite pas n'as réellement pas d'excuses

Publié le par jeune nation

Image Hosted by ImageShack.usIl est un domaine où l’argumentaire imaginatif se révèle sans borne, c’est celui de l’auto-justification du non-engagement militant. Il est vrai que la répression et l’acharnement étatico-médiatique sur tout ce qui se rapproche du militantisme identitaire sont des éléments forts susceptibles de décourager les vocations mais ils n’expliquent pas tout, loin s’en faut.

Car si une relative discrétion et une certaine prudence, notamment vis-à-vis de son environnement professionnel, s’avèrent nécessaires en ces temps de conformisme sectaire, il convient de ne pas sombrer dans la paranoïa excessive et la grande trouille généralisée.

Rappelons que lorsqu’il est non provocateur et inscrit dans le cadre de la légalité, l’activisme politique n’induit qu’un nombre de risques limités et raisonnables qui ne sont que la contrepartie normale de toute prise de position idéologique. Un engagement dénué de tout danger ne serait que factice.

Proclamer ses idées en s’empressant d’ajouter qu’il est par contre hors de question de faire quoi que ce soit pour les mettre en application (sur l’air de « mais j’en pense pas moins… ») est devenu un véritable sport « national ».

Petit florilège des lamentos justificateurs :

«Je ne milite pas pour ne pas griller mes études. »

Précisons que le militantisme comme cause d’échec universitaire reste très loin derrière les grasses matinées répétées, les cuites pluri-hebdomadaires et le manque de travail ou d’intelligence.

« Je ne milite pas car l’année dernière j’ai été collé à un examen à cause de cela. »

Même remarque que ci-dessus.

« Je ne milite pas pour ne pas perdre mon travail. »

Si vous êtes un salarié irréprochable et efficace et à moins d’occuper une fonction particulièrement « sensible », éminente et exposée, il ne viendra même pas à l’idée de votre employeur de s’intéresser à vos activités annexes. Un patron, surtout dans le privé, est rarement un commissaire politique, il a généralement autre chose à faire.

 

D’autre part, en aucun cas un employeur n’ira vérifier si vous êtes abonné à tel ou tel fanzine de combat ni n’épluchera vos relevés de compte bancaire pour voir si vous faites des dons à tel ou tel organisme ou mouvement dont, le plus souvent, il ignore jusqu’à l’existence.

« Je ne milite pas car le militantisme est mal perçu dans mon environnement social et familial. »

D’accord. Mais dans ce cas il faut immédiatement cesser de critiquer les bourgeois et s’interdire à jamais de prononcer le mot de révolution.

Par ailleurs le militantisme peut revêtir les formes les plus diverses et les plus variées. On ne demandera pas à un avocat de faire la sécurité d’une manifestation, pas plus que l’on ne sollicitera une jeune bibliothécaire pour se colleter à coups de barres de fer avec la racaille gauchiste.

Diffusion de propagande et de presse identitaire, dons matériels ou financiers, contributions à des revues ou sites internet, prêt de livres, organisation d’un colloque ou d’un diner-débat, production de musique engagée, conseil juridique, recherche de travail pour des camarades en difficulté, action sociale… etc… etc… tout est possible et envisageable, aucune de ces activités n’étant exclusive des autres. Chacun, au mieux de ses aptitudes et possibilités, peut contribuer à la lutte.

Le militantisme exclusivement virtuel du « tout internet » est également un écueil important qu’il faut éviter.
Nous ne reviendrons pas sur les atouts et l’utilité du web, ils sont indéniables et nous les avons souvent soulignés et mis en avant. Mais l’activisme sur le web n’est crédible et efficient que s’il est en totale interaction avec le réel et complémentaire d’autres activités. Le « cyber guerrier » qui change de « nom » comme de chemises et se déchaîne derrière son écran sans jamais mettre un pied dehors ni assumer sa prose n’est pas et ne sera jamais un militant révolutionnaire et social.

Dans le même esprit, passer des heures sur les « chat » du milieu peut être agréable et enrichissant mais ce n’est en aucun cas du militantisme. Même chose pour le « postage » intensif de messages sur les forums de la mouvance, messages dans lesquels on propose de nombreuses idées, souvent fort bonnes, en espérant qu’un autre que soi aura le courage et la détermination de les mettre concrètement en œuvre, estimant pour sa part avoir largement suffisamment contribué par cet effort intellectuel intense.

L’une des caractéristiques du militant est sa capacité de constante remise en cause. Car nous pouvons toujours plus et toujours mieux. La diversité des possibilités d’action qui s’offre à nous est quasiment infinie. Alors un seul mot d’ordre : au travail !

Xavier Eman

Source : JI Rouen

Commenter cet article